11 août 2021

Les aventures de Coco et Charlie en cyclotourisme (partie 2)

La VéloRoute des bleuets

En collaboration avec Robert Martin

2e cyclo de l’été, j’y prends goût!  Cette fois-ci, Robert seul m’accompagne.  Il a troqué ses sacoches pour Charlie, un chariot à 2 roues habillé d’une toile grise et orange.  Notre plan de match : 250 km en 5 jours autour du Lac St-Jean qui ressemble davantage à une véritable mer intérieure tellement le rivage opposé semble lointain. On fera le trajet en sens anti-horaire, la meilleure option selon plusieurs cyclistes. 

Jour 1 – 21 juin  

Nous voici donc au matin du départ de notre périple sur la merveilleuse VéloRoute des Bleuets au Lac Saint-Jean!  Départ d’Alma, où nous avons dormi sous la tente à Dam-en-Terre, un très beau terrain de camping à quelques kilomètres du centre-ville.  Un superbe site devant le réservoir de la Grande décharge, en face d’une marina.  Robert nous avait préparé un succulent Pad Thaï pour le souper la veille. Menoum!  On fait donc le plein de glucides.

Direction Pointe-Taillon, 38 km plus loin.  Initialement, j’avais prévu partir toute seule.  J’avais donc prévu des itinéraires plus courts, au cas où des pépins surviendraient.  Autre précaution, j’ai pris ma carte CAA, si jamais je me retrouvais mal prise.  Ça ne sera finalement d’aucune nécessité, mais mieux vaut prévenir… L’autre avantage, c’est qu’on n’est pas pressés de partir le matin, sachant que le kilométrage est plus que raisonnable.  Le café est toujours bon au bord de la tente au petit matin lorsqu’on prend le temps de le préparer et de le déguster!  

En ce premier jour, le trajet se passe très bien, mais dès le matin, il fait très chaud.  J’en viens presque à apprécier les gros camions qui passent et qui font du vent !!!  C’est incroyable à quel point les gens du Lac prennent soin des cyclistes sur la route, en leur offrant le plus souvent possible le 1,5 mètre de dégagement demandé, si ce n’est pas une largeur de voie routière au complet!  

Pour cette aventure cyclo, nous avons prévu nous ravitailler dans les dépanneurs et petites épiceries pour nos pauses dîners.  Pour bien conserver nos achats, je traîne un petit sac isolant acheté au Dollarama, ce qui permet de les garder au frais pour quelques heures.  

Nous prenons le temps de dîner à l’entrée du Parc de la Pointe-Taillon, mais les nuages sont menaçants…. Il nous reste 4 km pour arriver à notre site de camping rustique et nous réussissons à éviter le gros de la pluie et à monter les tentes en moins de 2!  Les chariots sont vidés et les bagages sont au sec dans les tentes. Bière sale sous la tente pendant que la pluie forte et les bourrasques de vent de plus de 45 km/heure font la fête dehors.  

Par chance, le mauvais temps est de courte durée et nous pouvons préparer le souper à l’extérieur sans problème.  Tsé, quand tu mènes une bonne vie!  Il ventera très fort pendant la nuit, mais les tentes résistent sans problème! Leur toile extérieure sera même complètement sèche au réveil le lendemain. Merci Dame Nature!  

Jour 2 – 22 juin

On quitte par un matin gris et venteux en roulant sur le sentier cyclable du parc en gravier, au milieu des tourbières (et non pas des tourtières!) en longeant le lac à notre gauche.   Il y a des traces toutes fraîches d’orignaux sur la piste, mais ceux-ci se contenteront d’observer les touristes cyclistes de loin sans se montrer, malheureusement… 

On roule jusqu’à la Pointe Chevrette à l’extrémité nord-ouest du parc, là où on doit prendre la navette nautique pour se rendre à Péribonka en traversant la rivière du même nom. Un appel fait le matin avant de partir pour confirmer qu’il y a des départs malgré le vent nous sauvera 30 minutes d’attente.  Arrivés à la pointe à 11h05, le capitaine nous voit de loin grâce nos manteaux de pluie fluo, et il décide de passer nous prendre tout de suite!  Oh yeah!  Ça, c’est l’accueil et la gentillesse des gens du Lac!  Ce sera comme ça tout au long du voyage!  Traversée donc, jusqu’à Péribonka, puis direction Dolbeau-Mistassini.  

Ce sera l’après-midi du seul incident de la tournée…

Sur environ 1km, la VéloRoute devient une piste partagée avec les VTT, mais ni moi ni Robert n’avons vu le panneau qui l’indiquait…. Soudainement, on entend le bruit d’un moteur de VTT tout près derrière nous… Surpris, nous avons tous les 2 « sur-réagi », Robert donnant un coup de guidon à droite pour entrer en avant de moi et moi, à gauche pour voir à quelle vitesse le VTT s’approchait de nous… C’est alors que sa remorque est venu embrasser ma roue avant et moi, d’aller faire de la trampoline sur le toit de Charlie!!!  Je n’ai eu aucune chance!  Mon seul réflexe aura été de rester molle pendant que je m’étendais sur tout mon long sur le pavé…

C’est la première chute que je fais à vie où j’ai entendu mon casque me sauver la tête! (Ce sera son dernier voyage… Avec le son qu’il a fait, même si on n’a pas vraiment trouvé de bris, je n’ai pas pris de chance et je l’ai changé à mon retour…). 

Je me retrouve donc au sol, les jambes en spaghetti dans mon vélo, les souliers déclippés, la remorque sur le côté!!!  Ma première pensée est « Isa, ne bouge pas la tête et prends le temps de scanner ton corps… » Et là, Robert qui apparaît dans mon champ de vision : « Es-tu correcte ?!? »  Après coup, je vais trouver cette apparition très drôle!  Mais sur le moment, on a tous eu très peur…

Le VTT s’est arrêté pour aider à ramasser mon petit Coco et mon vélo.  C’est Robert qui a défait le spaghetti de jambes dans mon vélo… Moi, je n’ai mal nulle part, même pas sonnée, aucune égratignure!  Mais j’ai eu vraiment peur!  Une marcheuse qui venait dans le sens inverse s’approche. C’est une médecin en qui profitait d’une journée de congé… faut le faire!!!  Ah, l’accueil des gens du Lac!  Elle me pose quelques questions, me fait un examen manuel du cou, du haut du dos, des bras… Tout est beau, mais je sais que je vais avoir mal partout demain!  J’aurai d’ailleurs un chapelet de bleus sur la jambe gauche, gracieuseté du spaghetti avec le vélo… Robert, de son côté, pose plein de questions sur les commotions cérébrales et je réaliserai plus tard que ç’aurait pu être la fin de mon périple!!!  

Mais je n’ai pas perdu connaissance, je n’ai pas mal à la tête, la lumière dans les yeux et les sons ne me dérangent pas… bref, tout est ok de ce côté.  Je serai hyper vigilante côté body pour les prochaines 24hrs…

Il nous reste une douzaine de km avant d’arriver à notre destination du jour et je les trouve un peu pénibles.  Je n’ai pas de jambes, mais bon…. C’est probablement normal!  On arrive enfin au camping de la Chute à Dolbeau-Mistassini, magnifique site aux bords d’une rivière qui nous lave les oreilles de son chant cascadant!  La bière sale est bonne, délicieuse et réconfortante même!!!  

Nous avons pour voisine une femme seule, en cyclo elle aussi.  Ça me confirme que c’est possible de le faire en toute sécurité.  Ce sera peut-être pour une prochaine fois!  

Nous avons droit à un superbe coucher de soleil et à la livraison du bois de foyer, directement à notre site!  Est-ce que je l’ai dit ?  On mène une bonne vie!!!  

Jour 3 – 23 juin

Lendemain matin, direction St-Félicien.  66 km. Y vente à écorner les bœufs!  Ce sera difficile, particulièrement sur la portion de route exposée à tout vent entre Albanel et Normandin. Heureusement qu’on a les jambes fraîches du matin…. Champs et bleuetières à perte de vue… les rangs sont droits, la VéloRoute est à nous puisqu’il n’y a pas beaucoup de cyclistes!  

Pourtant, ça ne me prend pas longtemps pour que je tire de la patte…. Robert la machine monte en danseuse sur ses pédales dans les côtes. Son Charlie à 2 roues le lui permet.  Moi, je ne peux pas avec mon petit Coco à une roue…. 

Mais au-delà des côtes pas si hautes quand même, c’est évident que je n’ai pas de jambes…. Ça devient encore plus évident dès l’après-dîner, où pourtant, je n’ai pas mangé plus qu’à l’habitude…

Je me questionne sur les effets secondaires possible de la veille, mais bazwell, je n’avais jamais entendu parler d’une commotion cérébrale qui couperait les jambes après +/-35 km de vélo!!!  Je commence à douter qu’il y a un autre problème…. J’ai les cuisses qui brûlent…

Ça se confirme lorsque, en descendant une longue et douce côte, j’ai le sentiment de ralentir quand j’arrête de pédaler… Euh, non, ça c’est pas normal!!!  

Pause collation pour acheter du fromage bio et bleuets séchés au chocolat.  J’en profite pour détacher Coco et inspecter mon vélo…. Je trouve le bobo! Depuis ma chute d’hier, je roule sur une roue arrière désaxée!  La déclenche-rapide de ma roue arrière s’est desserrée sous le choc et mon pneu frotte sur le cadre près du pédalier!  Avec le vent, je n’avais rien entendu!!! 

Je n’ose pas penser à ce qui aurait pu se passer si ma roue s’était détachée dans une côte à pleine vitesse sur une bosse, avec Coco en arrière!!!  

Leçon de la journée : il faut toujours débuter la journée avec une inspection mécanique de base du vélo et de la remorque! 

On est près de notre destination de la journée et on s’offre une bière bien méritée à La Chouape, une super microbrasserie logée au cœur de St-Félicien!  Quel bonheur d’être cycliste!  Ce soir-là, coucher au camping St-Félicien. Magnifique terrain boisé, à l’écart des campeurs saisonniers, super tranquille, malgré que ce soit la veille de la St-Jean.  Mais comme nous sommes près du Zoo, à la nuit tombée, j’entends même des loups s’appeler! 

Jour 4 – 24 juin

Direction Val Jalbert, en passant par Mashteuiatsh (Pointe-Bleue). 47 km. Vent de face-côté encore une fois!  C’est la journée où on devrait croiser Julie, Hélène et les filles, parties hier en sens horaire.  Le lac est tout simplement majestueux!  Ça fait étrange de penser qu’on était de l’autre côté il y a 2 jours à peine!  

Pour notre pause dîner, on se paye la traite dans un petit resto sur la rue principale à Roberval, parce qu’on n’avait pas pensé que les épiceries seraient toutes fermées en ce jour de la fête nationale… Quelle belle occasion de manger un super dîner 3 services, pas cher, servi par une dame fort sympa… Comme quoi la vie fait bien les choses!  On s’attarde un peu et c’est probablement là qu’on a raté les filles…. Dommage!  

Arrivée à Val-Jalbert en pm, où on découvre nos sites, logés sur le bord d’une petite rivière qui coule entre les roches.  Encore un son pour se purifier les oreilles et le cœur!  Là, on aura des gens pour nous poser des questions sur le cyclotourisme en général, les remorques et le camping.  Je pense qu’on a semé des idées et des passions dans la tête et le cœur d’au moins une cycliste!

Quand j’étais plus jeune, je rêvais de ce genre de périple lorsque je voyais des cyclistes chargés de sacoches.  Cette fois-ci, c’est moi qui en inspire d’autres!  

Jour 5 – 25 juin

Dernier matin.  Départ pour Alma 57 km.  Me semble que les bagages se font plus rapidement et qu’ils sont plus compacts… ça doit être l’expérience qui rentre!  

On est prêts à partir pour notre dernière journée!  Le ciel est gris et le vent nous accompagne encore.  On sait toutefois que lorsqu’on bifurquera vers le nord, il sera dans notre dos!  Robert est un pro pour lire les vents et la météo, et pour anticiper ce qu’on « affrontera » en journée… 

Mais, encore une fois, on mène une bonne vie!  Le long de la route du Lac, on voit, à gauche, de gros nuages noirs assez menaçants!  Pas trop envie de rouler là-dedans! À notre droite toutefois, c’est presque dégagé et le soleil cherche à percer… Au-dessus de nous, il y a presque une séparation nette entre les deux!  Par chance, le vent souffle du sud et les nuages se poussent vers le nord!  

Arrivés à St-Gédéon vers 11h, c’est un peu tôt pour une bière à la microbrasserie du Lac St-Jean.  On se rabat sur une crème molle juste à côté.  À partir de là, on aura des averses sporadiques jusqu’à l’arrivée!  Mais comme il fait chaud, rien de bien grave! Ça, c’est le bonheur d’être bien habillée et bien équipée!  Une belle surprise … une section d’environ 5 kilomètres de la VéloRoute (qui en avait bien besoin selon les souvenirs de Robert) a été refaite au complet. 

À moins de 10 km de l’arrivée, j’ai envie de ralentir… Pas envie que ça se finisse!  Nous sommes sur les sentiers pavés, dans la forêt, les oiseaux chantent et ça sent bon les conifères… 

On arrivera aux voitures sous la pluie battante dans le stationnement du Centre de villégiature Dam-en-Terre et, encore une fois, Robert réussira à me faire rire aux éclats juste au moment où je nous prends en photo!  Ça donnera un sourire éclatant jusqu’à la toute fin!  Un 250km de bonheur!

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