13 juin 2019

Quel équipement choisir pour un événement cycliste tel que la Haute Route?

Bonjour à toutes et à tous,

Lorsqu’on se prépare pour un événement cycliste de plusieurs jours, de moyenne ou longue distance, il faut bien sûr tout faire pour s’assurer qu’un certain plaisir sera au rendez-vous! Bien que rien (sauf un moteur…) ne puisse rendre une longue sortie libre de tout effort, la tâche sera plus agréable si nous choisissons bien notre équipement.

Dans mon cas, j’ai opté pour un vélo moins « aéro » mais plus léger. Ayant choisi comme objectif d’être prêt pour la Haute Route San Francisco en septembre, et la Haute Route Mexico en octobre, je vais devoir être en mesure de grimper des cols de bonne taille! De nos jours, un bon cadre léger en carbone ne coûte plus nécessairement l’équivalent de 12 mois d’hypothèque. Avons-nous besoin de dépenser 6000 $ pour un cadre de qualité? Bien sûr que non! Par contre, sachez que l’élément le plus dispendieux à améliorer par la suite, c’est le cadre. À mon avis, il vaut mieux investir plus dans un cadre de qualité, puis planifier d’améliorer les composantes et les roues plus tard, selon le budget disponible.

Cette année, j’ai fait l’acquisition du tout nouveau groupe électronique SRAM Red eTap AXS 12 vitesses  sans fil. Bien entendu, les freins hydrauliques requièrent des câbles, mais les dérailleurs fonctionnent sans aucun fil. Les ajustements, même pendant la sortie, sont tellement simples qu’on n’a même pas besoin de descendre du vélo!

Je ne cherche pas à vous convaincre d’aller vous acheter un groupe électronique! Le point important est que je vous suggère fortement d’en apprendre davantage sur le fonctionnement, et surtout les ajustements, des composantes de votre vélo. Si les vitesses ne sont pas « au top », il suffit souvent d’un petit ajustement simple pour corriger le tout. En prenant le temps de comprendre comment fonctionnent vos dérailleurs, vous aurez l’assurance de pouvoir vous débrouiller, au besoin, lors d’une longue sortie.

Côté freinage, un vif débat se déroule sur la pertinence, ou non, d’opter pour des freins à disque pour un vélo de route. De mon côté, j’ai fait le grand saut l’an dernier vers les freins à disque.  Je ne le regrette pas! Lors d’un événement comme la Haute Route, l’Étape du Tour, la Marmotte, ou n’importe quel événement comportant de longues descentes abruptes ou non, des routes imparfaites, une météo potentiellement capricieuse (bref un gros pourcentage de nos sorties!), des freins à disque améliorent le contrôle de la vitesse, l’efficacité et la sécurité.  Qu’on le veuille ou non, il semble bien que l’avenir soit aux freins à disque.

Pour les roues, j’ai préféré des roues à profil relativement bas. Le résultat est une roue plus légère d’abord, mais qui risque moins de nuire à la conduite si Éole est d’une humeur maussade. Pour celles et ceux qui ont fait des descentes de cols au-dessus de la ligne des arbres, vous aurez possiblement vécu l’expérience de piloter votre vélo dans des lacets, à haute vitesse, alors que le vent souffle avec intensité. C’est là que les roues à profil large deviendront carrément dangereuses! L’an dernier j’ai expérimenté avec des pneus de 25 mm. Le niveau de confort était déjà amélioré en comparaison avec les plus traditionnels 23c. Cette année, j’y vais avec du 28 mm. C’est un peu plus lourd, certes, mais le confort, et surtout la résistance aux crevaisons, en font un choix idéal. Une note importante ici est que vous devez vous assurer que votre vélo, et vos roues, sont adaptés pour des pneus plus larges. La plupart des vélos, et des roues, ayant 3-4 ans et plus, ont été conçus pour des pneus de 21, 22 ou 23 mm. Des pneus plus larges risquent de frotter sur les haubans. Si vos roues sont plus étroites que les nouveaux modèles, des pneus plus larges risquent de « déborder » de chaque côté de la jante, ce qui pourrait contribuer à une multiplication des crevaisons par pincement (snake bite). Dans un futur article, j’expliquerai ceci un peu plus en détail.

Finalement, côté braquets, j’ai opté davantage pour quelque chose me permettant de mouliner à bonne cadence en montée, et moins pour pousser des watts sur le plat.  Comme il est mentionné plus haut, j’ai fait l’acquisition du nouveau groupe 12 vitesses de SRAM. Ce groupe redéfinit les choix de plateaux et de cassettes. Bref, au lieu du plus connu pédalier « semi compact » de 52/36 que j’avais avant, j’ai maintenant un 48/35, ce qui est une des trois options de SRAM AXS. À l’arrière, au lieu d’une cassette 11-28 ou 11-32 qu’on connaît depuis plusieurs années, j’ai maintenant une cassette 10-33. Oui, vous avez bien lu: nous avons maintenant accès à un petit pignon 10 dents! Par contre, cela requiert un corps de cassette spécifique sur la roue arrière (le XDr). Je vous épargne ici plus de détails, mais une combinaison 48 (à l’avant) et 10 (à l’arrière) vous offre un ratio équivalent à 53-11. De l’autre côté du spectrum, un 35-33 me permettra de gravir presque n’importe quel col, sans me faire exploser les jambes!

En somme, mon expérience m’a permis de déterminer que ce choix de matériel me donnera le plus de chance de vivre une belle expérience, malgré les difficultés liées à l’effort que je devrai fournir. Rien ne remplacera une préparation physique et mentale appropriée. Mais au moins j’ai confiance que mon équipement ne me laissera pas tomber.

Bonne préparation!

Richard Jodoin, Ambassadeur Haute Route

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