4 avril 2018

Le vélo, bon pour la santé, mais en abuser peut endommager votre cœur

Que ce soit pour s’amuser ou pour se rendre au travail, la pratique du vélo peut grandement améliorer votre santé et votre espérance de vie, en réduisant les risques de maladies associées à la sédentarité. C’est la conclusion de plusieurs études d’envergure menées récemment auprès de milliers d’usagers en Europe. L’utilisation du vélo pour aller au travail réduirait les risques :

  • d’obésité de 39 %;
  • d’hypertension de 11 %;
  • de diabète de 18 %;
  • de crises cardiaques de 11 à 18 %;
  • de cancer de 45 %.

Globalement, l’utilisation du vélo pour se rendre au travail réduirait le risque de mort prématurée de 41 %. La liste des bienfaits de la pratique de ce sport ne cesse de s’allonger. Le vélo pourrait aussi avoir des avantages pour le cerveau. La marche apporte aussi des bénéfices, mais dans  une moindre mesure : le niveau de travail et les distances parcourues sont généralement plus faibles.

Lorsqu’on fait du sport régulièrement, les muscles du corps incluant le cœur s’adaptent à leurs nouvelles fonctions. Le cœur gagne en force et en volume afin de pomper plus de sang et d’être plus efficace. Le remodelage est différent et plus facile lorsqu’on est jeune, mais même les personnes plus âgées arrivent aussi à s’adapter par différents moyens. Il n’y a donc pas d’âge pour commencer la pratique du vélo.

Les dangers qui nous guettent

Le débit sanguin d’une personne au repos est d’environ 5 L par minute alors que lors d’un exercice intense, il augmente à 25 L/min. Les exercices intenses et de longue durée provoquent une augmentation du rythme cardiaque, de la pression artérielle et une dilatation des chambres du cœur, particulièrement l’oreillette et le ventricule droit. Pendant la période de récupération, les dimensions des chambres cardiaques se rétablissent, mais dans certains cas, avec le temps et avec l’âge, et à force de répétition, elles peuvent tarder à le faire. La dilatation extrême du muscle cardiaque provoque une dissociation des myocytes (fibres musculaires) et des troubles du rythme. Généralement, le muscle peut se rétablir avec du repos, mais parfois les effets demeurent. Les efforts intenses et de longues durées peuvent aussi mener à la formation de fibrose cicatricielle, semblable à des vergetures. Ces dommages peuvent passer inaperçus, mais nuisent à la transmission de l’influx nerveux dans le muscle cardiaque et peuvent induire des arythmies.

Les personnes qui souffrent de maladies coronariennes doivent aussi faire attention. Les efforts excessifs augmenteraient la calcification des artères et le durciraient les parois des artères principales. Si les vaisseaux sont endommagés par l’athérosclérose et la plaque, le martelage des battements cardiaques, l’augmentation du flux sanguin et de la pression peuvent suffire à endommager l’artère affaiblie par la maladie, et causer un infarctus, une embolie ou une hémorragie. La viabilité de l’organe atteint (cœur, cerveau, poumon…) est menacée, car le muscle manque d’oxygène. L’intervention médicale doit être rapide.

Une étude menée auprès de coureurs a montré que les marqueurs sérologiques de dommages au cœur étaient présents chez presque 50 % des participants après un marathon, de quoi vraiment s’inquiéter. La fonction rénale était aussi perturbée. Dans la majorité des cas, les valeurs étaient revenues à la normale après une semaine, mais un faible nombre de participants (13 %) ne se serait pas totalement rétabli. Chez les jeunes, les conséquences sont généralement moins graves puisqu’ils sont admissibles à la « garantie de remise à neuf ». Les « MAMIL » (middle-aged man in lycra) peuvent être moins chanceux et hériter d’un raboudinage qui laissera des séquelles. Les troubles du rythme sont fréquents chez ces athlètes d’endurance. Ils ont 5 fois plus de chances de développer de la fibrillation auriculaire que la population en général. L’arythmie ventriculaire, beaucoup plus grave est aussi possible.

Ce qu’il faut retenir

La pratique d’une heure de vélo par semaine est suffisante pour améliorer votre santé, bien que le bienfait augmente avec la fréquence d’utilisation. Les laborieuses séances d’exercices structurés ne sont pas nécessaires. Pour plusieurs, il suffit d’inclure la pratique de ce sport dans nos activités quotidiennes.

Les athlètes engagés dans des sports d’endurance à haute intensité ont un risque plus élevé de souffrir de troubles du rythme cardiaque. Quel que soit notre niveau, il faut pratiquer le vélo avant tout pour le plaisir qu’il nous apporte et sans toujours chercher à repousser nos limites.

Fig. 1. Votre cœur, c’est important. Prenez-en soin.

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