7 mai 2019

Comment se préparer pour un événement cycliste comme la Haute Route?

Bonjour,

Dans mon précédent article, j’ai voulu démystifier la perception qu’un événement cycliste, du genre Haute Route, était trop difficile pour le commun des mortels comme nous. Voici maintenant quelques idées de préparation, basées sur mon expérience, qui pourront possiblement vous être utiles.

D’abord, malgré que je sois un entraîneur de cyclisme certifié, je n’irai pas dans les détails d’un programme d’entraînement spécifique composé de séances d’intervalles, de sorties longues versus courtes, etc. Ces programmes sont évidemment efficaces et relativement disponibles pour tous avec l’assistance d’un bon entraîneur de cyclisme. Par contre, dans mon cas, possiblement tout comme dans le vôtre, le temps disponible à l’entraînement à vélo est irrégulier et rend donc le suivi d’un programme très compliqué, voire frustrant.

Ce que je tends à faire est d’y aller plutôt en visant une bonne préparation mentale à faire de gros efforts, plutôt que de me fier au wattage et aux autres données d’analyse. Des intervalles, oui j’en fais, mais c’est plutôt du genre improvisé, selon mes sensations du moment et non pas programmés dans ma sortie. Je vise donc un mélange de belles sorties à vélo où j’accumule les distances de plus en plus longues, et de défis où la vitesse et les distances sont moins importantes, mais au cours desquels je m’applique à cumuler des dénivelés plus importants. De cette façon, je suis capable de « convaincre » mes jambes, et surtout ma tête, que je serai capable de compléter l’événement visé, en fait de distance et de dénivelé. Du point de vue de la performance, est-ce que je vise la victoire, que ce soit dans mon groupe d’âge ou au total ? Bien sûr que non. Viser trop haut est la formule parfaite pour échouer et revenir déçu de notre performance. Il suffit d’être réaliste dans nos objectifs. Cela s’est toujours avéré, dans mon cas, la formule gagnante pour non seulement être satisfait du résultat, mais souvent même dépasser mes attentes.

De façon plus concrète, lorsque le temps me le permet, j’aime bien « bouffer » des kilomètres dans notre magnifique parc de la Gatineau. Je vise une boucle, ou deux, ou quatre, si le temps le permet. Nous sommes choyés d’avoir un si bel endroit où rouler, en relative sécurité, et accumuler non seulement des distances intéressantes, mais aussi des dénivelés importants. Il y a aussi les circuits tels que le lac Donaldson, le lac McGregor, et aussi la boucle Alcôve qui sont intéressants. Un peu plus loin, il y a la belle région de Lake Placid/Whiteface dans l’état de New York où il est possible de faire un aller-retour en une journée. Je prends régulièrement des congés du travail pour y aller pour la journée. Se trouvant à environ trois heures de route de Gatineau/Ottawa, c’est probablement l’endroit le plus près où on peut accumuler des dénivelés très importants et vitaux à notre préparation pour la Haute Route, tout comme des événements d’un jour comme l’Étape du Tour, la Marmotte, ou autres cyclosportives du genre.

La montée de Whiteface, par exemple, totalise 13 kilomètres à partir de Wilmington. Avec un pourcentage moyen de près de 8,3 %, c’est un col difficile, très difficile. J’oserais même dire plus difficile que l’Alpe d’Huez en France. Oh là là, comment puis-je oser dire cela ?!? Celles et ceux d’entre vous qui connaissent Whiteface, vous serez probablement d’accord avec moi. La différence : chaque lacet de l’Alpe d’Huez permet, pour un très court moment, de reposer les jambes, car la pente diminue beaucoup. Mais Whiteface ne donne aucun répit sur les 13 kilomètres ! Le pourcentage reste élevé, entre 8 et 10 %, sur toute la distance, sauf pour un lacet près du sommet où la pente n’est « que » de 4 % sur environ 300 mètres. C’est dur, très dur. Par contre, c’est la meilleure préparation mentale que vous pouvez trouver dans la région. Avec un bon braquet, ça se monte bien, mais la durée de la montée vient gruger notre énergie mentale plus que l’énergie physique.

De plus, la boucle empruntée pour le Ironman chaque année est un merveilleux bonus à la montée de Whiteface ! Par contre, j’ai tendance à la faire en sens inverse du Ironman : Lake Placid ─ Wilmington ─ Jay ─ Keene ─ Lake Placid.

En somme, dans mon cas, un programme précis d’entraînement serait la formule parfaite pour échouer dans ma préparation pour les événements de la Haute Route que je vais faire cette saison. J’ai déjà mis à mon horaire la Haute Route San Francisco, en septembre, et la Haute Route Mexico, en octobre. Avec ma famille, mon emploi et mes autres responsabilités, être obligé de sortir à vélo parce que mon programme l’exige serait impossible. Je me sentirais donc coupable à chaque fois que je devrais remettre un entraînement. En y allant avec une approche plus ouverte, et en priorisant les journées avec une météo plus agréable (ce qui arrive peu souvent ces temps-ci !), je suis heureux chaque fois que j’enfourche ma petite reine et je suis donc plus disposé à faire des efforts. J’ai confiance que lorsque je serai à San Francisco et à Mexico, je serai heureux d’y être, prêt à faire de gros efforts, mais aussi très réaliste dans mes attentes. Ce sera donc la formule gagnante pour vivre ces expériences des plus enrichissantes !

Dans mon prochain article, je vous parlerai de mon choix d’équipement pour des événements comme la Haute Route.

Au plaisir de vous croiser bientôt dans le parc de la Gatineau, à Lake Placid, ou ailleurs !

RJ

 

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